Faire Mémoire II :
Empreintes & Fragments.
Dans les lieux où le béton a remplacé le paysage, mes peintures d’empreintes deviennent un geste de mémoire. En traçant des formes sur ces surfaces froides et artificielles, je dialogue avec ce matériau qui a effacé les traces du vivant. Ces empreintes incarnent un témoignage : elles évoquent ce qui était là avant, ce qui a été oublié ou sacrifié au nom du progrès.
L’empreinte, par essence, est un souvenir, une absence rendue visible. Elle agit ici comme une contre-narration poétique, réinscrivant la présence du passé sur le béton ou ses fragments, une matière souvent perçue comme définitive et immuable. Ce geste artistique questionne notre rapport à la transformation irréversible des paysages et invite à réfléchir à la coexistence entre nature, mémoire et urbanisation.
Temporalité : Mes empreintes questionnent la pérennité de ces espaces. Le béton, bien qu’il semble permanent, s’érode avec le temps, tout comme mes empreintes peintes, soulignant l’impermanence de tout matériau ou mémoire. Filiation avec le travail de Robert Smithson sur l’entropie.
David Garcia de las Bayonas.